L’importance du digital dans l’inclusion économique au Maroc est plus que jamais avérée en ces temps de crise sanitaire. Un rapport de l’IMIS, présenté à la commission spéciale sur le modèle de développement, trace une nouvelle trajectoire de développement pour la décennie 2020-2030.
La scène médiatique largement dominée par la pandémie du Covid-19 a quelque peu éclipsé les autres actualités qui, pourtant, s’avèrent pertinentes eu égard à la situation actuelle que nous vivons. Particulièrement cette capacité et réactivité de passer du tout physique au full digital en l’espace de deux semaines.
Ce qui montre réellement le rôle crucial du digital dans la continuité des activités aussi bien des citoyens que de l’Etat dans ce contexte pandémique. Dans ce sens, début mars, la Commission spéciale sur le modèle de développement recevait en audition, une délégation de l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS), composée de son Président, Abdelmalek Alaoui, du Secrétaire Général exécutif, Najib Benamour, et d’autres membres du bureau de cet institut. Au menu de cette rencontre, le rapport de l’IMIS pour une nouvelle trajectoire de développement pour la décennie 2020-2030, publié en mars 2020.
Partant d’un constat sur les différents blocages du modèle économique et social actuel, le rapport s’appuie sur quatre piliers, appelés “chocs de changement”, et propose une nouvelle trajectoire ayant pour but l’accès au développement intégral du pays.
Le premier pilier traite des menaces et des opportunités de l’économie numérique marocaine, le second se penche sur l’exécution d’une stratégie digitale ambitieuse, et comment relancer le “E-Gov”, le troisième développe l’appui à l’investissement dans les infrastructures numériques et l’entrepreneuriat innovant, et le dernier concerne le fait de « Disrupter » le cadre digital.
S’il importe de s’intéresser au rapport dans son ensemble, il convient néanmoins de se concentrer sur le deuxième pilier qui soulève l’enjeu de la quatrième révolution comme étant inévitablement le levier d’un changement profond du développement économique marocain.
Ainsi comment l’évolution digitale peut-elle permettre l’inclusion économique au Maroc ?
Il est nécessaire que les jeunes, les différentes classes sociales, et la population dans toute sa diversité, soient parties prenantes de l’économie marocaine. Le développement du digital à toutes les échelles pourrait faciliter aussi bien l’accès que les contacts au sein de cette économie. L’importance d’un tel développement est à prendre en considération, dans la mesure où la digitalisation du pays, de ses services publics et du secteur privé, permettrait de faciliter les opérations de gestion et d’interaction des différentes institutions et organisations.
L’accroissement de l’accès au réseau haut débit, contribuerait à anticiper l’innovation, la créativité et l’inclusion des jeunes sur le plan économique. Comme le relève le rapport de l’IMIS, ce choc d’entrée dans la quatrième révolution industrielle, favorisera un changement et une restructuration profonde de l’économie pour la prochaine décennie.
Néanmoins, ce changement digital repose en grande partie sur la capacité du gouvernement à effectuer une entrée complète dans le « E-gov », à adapter son fonctionnement par une restructuration autour du digital. Cependant cela ne pourra se concrétiser sans le développement massif de compétences et de talents liés à ces dimensions digitales.
L’impact du digital sur l’économie marocaine est tributaire ainsi du maintien dans le pays des talents et des ressources humaines compétentes dans le domaine. Un réel accompagnement en termes de développement des connaissances et des compétences sur le digital mis en place est une condition supplémentaire.
Pourquoi le digital est un outil indispensable à l’inclusion économique du pays ?
Dans une période où le monde est de plus en plus connecté, le digital se révèle être un outil indispensable au fonctionnement économique d’un pays. La crise sanitaire actuelle démontre plus que jamais que le numérique permet de garantir une conservation minimale de la production et des services économiques. A l’heure où 1,3 milliard de la population mondiale sont confinés chez-eux, les Etats moins desservis en réseau internet et en utilisation de matériel informatique, ne peuvent répondre à la demande de production en télétravail, qui est nécessaire pour soutenir à minima l’économie. En outre, le digital contribuerait à l’inclusion des jeunes dans l’économie marocaine et la démocratisation de l’entrepreneuriat à cette frange importante de la population.
Si le digital n’est pas le seul « choc de changement » évoqué dans le rapport (trois autres points sont développés), il est surprenant de constater que les préconisations du rapport de l’IMIS sur le développement économique en lien avec la question environnementale, ne fait l’objet que de quelques lignes. En effet, le rapport à notre environnement suscite de plus en plus de débats et de questionnements. Il serait peut-être, pertinent d’inclure un cinquième « choc de changement », sur les questions environnementales, de biodiversité, et de changement climatique, dans la mesure où il s’agit d’un enjeu économique, social, et aujourd’hui sanitaire où le digital peut être mis à contribution.

Source :
ecoactu.ma/
Écrit par : Amira Mai Moussa